En ce dimanche grisouille du 25 Mars 2018, 12 personnes se sont réunies à Paris, au 100ecs, pour jouer à Ğéconomicus. 
Nous comptions donc, 10 joueurs, et 2 personnes pour animer et occuper les différents postes.
Un banquier intransigeant, accordant ou pas des crédits !
Un maître des valeurs,
Saint-Pierre, faisant le bilan économique des morts de chaque tour.
Étant 10 joueurs, nous avons donc effectué 10 tours dans chaque système monétaire, chaque tour représentant 8 ans de vie. Nous avons donc simulé 10*8=80 ans de vie dans chaque système monétaire. L’intérêt principal étant que chaque joueur soit emporté par la mort durant les parties, et puisse revenir en tant que nouveau né.
Selon les règles : 
« Pour N joueurs, prévoir au moins 5 * N en cartes (= au moins 5 / 4 * N carrés) par niveau. Prévoir au moins 2 * N pour chaque couleur de billet. »
Nous avions donc 12 carrés par niveau de valeurs, donc 48 cartes valeurs en tout. – 20 Billets de chaque couleurs

1) Première partie : Monnaie-dette.

Résultats comptabilisés à la fin des 10 tours :

Nous avons ici la moyenne et l’écart type du graphique que l’on voit, et nous pouvons observer une très grande différence entre le résultat du banquier et celui des joueurs.
Ceci est mécanique dans un système qui émet de la monnaie de manière centralisée. 
Mais c’est très accentué ici car le banquier a voulu s’assurer que les personnes venant lui demander un crédit allait bien lui rembourser à coup sûr leurs dettes. Il a donc négocié de manière intransigeante avec chaque joueur, en refusant assez fréquemment de créer de la monnaie pour des joueurs n’ayant pas assez de valeurs. 
Les joueurs se sont vite retrouvés, au bout de quelques tours, dans l’incapacité d’échanger, faute de monnaie dans l’économie.
Au final, très peu de valeurs créées ont été gardées par les joueurs (6,83), car une fois les dettes à la banque effacées pour les quelques joueurs ayant remboursé totalement, les joueurs n’avaient plus rien. 
Plusieurs joueurs n’ont même pas pu rembourser toute leur dette au banquier qui pourtant se méfiait.
Tous les joueurs ayant souscrit un emprunt ont travaillé pour le banquier. Dans ces conditions, le banquier est le seul vainqueur.

2) Seconde partie : La Monnaie Libre.

Dans cette partie, nous avons utilisé un système de création monétaire différent. 
Tout y était identique (nombre de tours, durée d’un tour, etc.) sauf le mode d’émission de la monnaie. 
Plutôt que de passer par la Banque, la monnaie y était créée par un Dividende Universel (DU) versé à chaque joueur, en début de chaque tour. 
A noter que ce « DU » était revalorisé de 9% de croissance par an, afin de rester juste pour les nouveaux entrants (les nouveaux nés dans l’économie) qui succédaient aux sortants (les décès).
Rappel :Chaque tour simulant 8 années de vie, les 9% cumulés sur 8 ans revienne en fait à multiplier le DU par 2 à chaque tour.
Résultat graphique de la seconde partie, en monnaie libre :

-La moyenne de valeurs gardées par joueur est de 69,80, (ce qui est plus que le TOTAL des valeurs gardées par les joueurs en monnaie dette)
-Un écart type de 32,27 %, comparé à 206,14% en monnaie dette, ce qui signifie qu’il y a une plus faible disparité entre les richesses (valeurs économiques + monnaie) des joueurs.
En d’autre termes, les plus riches sont « moins riches » et les plus pauvres « moins pauvres » car tous les joueurs sont plus près de la moyenne dans la partie en monnaie libre.

3) Comparaison :

Nous pouvons faire un bilan de ces deux parties, en comparant les scores des joueurs. 
Nous voyons que les mêmes joueurs ont pu créer beaucoup plus de valeurs, et en garder beaucoup plus, et ce, sans efforts supplémentaires, en utilisant un système de création monétaire par Dividende Universel.
La monnaie étant crée par les joueurs, à chaque tour, et dans une proportion fixe de la masse monétaire, cela a pour effet mécanique de faire converger les stocks monétaires de chaque joueurs vers la moyenne (ou l’égale répartition monétaire par joueur).
De plus, les joueurs étant les co-créateurs de leur unité de mesure, ne sont par définition JAMAIS dépourvus de monnaie ad vitam aeternam, et peuvent donc travailler à leur rythme et selon leur volonté sans avoir à faire « valider leur situation » par une entité tierce comme une banque par exemple.

4) Conclusion :

Ce compte rendu à pour objectif de contribuer en tant qu’expérience supplémentaire, aux comptes rendus d’autres Ğeconomicus passés et futurs. 
Il n’a pas vocation à démontrer une réalité de manière scientifique, mais participe à un éveil collectif de l’influence de la création monétaire sur les échanges.
Il revient à chaque personne, la liberté d’analyser ces résultats ou d’autres, et d’en tirer des conclusions. 
Une monnaie libre ne s’impose pas, et se choisit par conviction par les individus.
Une monnaie libre est une monnaie permettant à ses utilisateurs de conserver 4 libertés économiques fondamentales:

• l’utilisateur est libre de choisir la monnaie

• l’utilisateur est libre d’accéder aux ressources

• l’utilisateur est libre d’estimer ce qui est valeur ou pas

• l’utilisateur est libre d’échanger « dans la monnaie »

La liberté se définit comme étant un principe symétrique : non-nuisance vis-à-vis de soi-même et d’autrui.
Une monnaie libre est une monnaie co-créée par TOUS ses membres utilisateurs, sous forme de Dividende Universel (DU) qui est une proportion fixe de la masse monétaire, dans le but de ne léser aucun individu à un temps (t) (symétrie spatiale), ainsi que dans le temps et donc génération après génération (symétrie temporelle) !

La Théorie Relative de la Monnaie (TRM) est une démonstration mathématique (et expliquée textuellement), démontrant la forme unique que doit avoir une monnaie dite « libre ».
Il est quand même intéressant de savoir qu’il est désormais possible d’utiliser une monnaie libre, du nom de Ğ1, et donc de sortir par notre propre volonté (« l’utilisateur est libre de choisir la monnaie ») d’un paradigme qui ne nous semblerait pas ou mal adapté aux réalités économiques observées autour de nous.
Nous invitons donc toute personne curieuse à se renseigner à ce sujet ou à organiser des Ğéconomicus autour de chez elle, dans le but de multiplier ces expériences, multiplier les comptes rendus afin que tous les individus constatant les impasses d’un système de création monétaire par la dette puisse prendre connaissance des nouvelles réalités s’offrant à eux.

Pour aller plus loin:

– La convergence mécanique des comptes monétaires vers la moyenne vous intrigue ?
http://www.creationmonetaire.info/2014/02/le-quantitatif-et-le-relatif-v2.html

– Comprendre la Théorie Relative de la Monnaie :
http://www.creationmonetaire.info/2012/11/theorie-relative-de-la-monnaie-2-718.html

– Quelques Vidéos/Conférences sur le sujet :

www.youtube.com/

– Voir d’autres comptes-rendus de partie de Ğeconomicus déjà réalisées :
https://www.youtube.com/watch?v=QdAzqQr4CT4&list=PL0UDqLtXevvHY5rAyFtql5931VqYyRaoK

– Comprendre et s’inscrire à Ğ1, en ayant au préalable lu et compris la licence Ğ1.

Duniter

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Depuis le texte de Paulart (CC-BY-SA) – Les chiffres de résultats ont étés modifiés afin que le compte rendu corresponde aux résultat du jeu.

Catégories : compte-rendu

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